HISTOIRE DU PREMIER EMPIRE
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CAMPAGNE DE FRANCE
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DU 16 AU 19 FEVRIER 1814

DE GUIGNES A MONTEREAU-FAULT-YONNE

 
  aigle
 AVERTISSEMENT : Ce document - compilation de textes de divers auteurs  - ne prétend pas être        une  étude  d'une précision historique inattaquable. Ce n'est qu'un aperçu, obligatoirement  succinct,    décrivant  les évènements locaux qui se sont déroulés ces jours là.

LES BATAILLES DE MORMANT ET DE NANGIS
**SYNTHESE DES DIVERS DOCUMENTS S’Y RAPPORTANT**
vue aerienne

Napoléon seul doit lutter contre « les Alliés », qui, sur terre forment une coalition composée des Armées de Prusse, d’Autriche et de Russie !

Les troupes autrichiennes sont donc sur l'Yonne.


Cependant l'armée de Schwarzenberg, après avoir forcé les ponts de NOGENT, de BRAY et de MONTEREAU, marche sur NANGIS.

Les Bavarois du général de Wrède, et les Russes du général Wittgenstein formant l'avant-garde ennemie avancent dans la Brie en direction de Paris. De l'autre côté de la Seine, SENS, malgré la belle résistance du général Alix, est enlevé par le prince de Wurtemberg.

Le corps autrichien de Bianchi marche sur FONTAINEBLEAU, et les Cosaques de Platof répandent la désolation entre l'Yonne et la Loire.

Les Russes occupent PROVINS avec des avant-postes à MAISON-ROUGE. Leur cavalerie est à MORMANT. Le reste de l'armée ennemie s'échelonne vers VALJOUAN, VILLENEUVE-les-BORDES et DONNEMARIE.

Le maréchal Wittgenstein, commandant en chef de l'armée russe, ordonne, sèchement et fermement, que les troupes éparpillées, malgré ses ordres formels, entre NANGIS et MORMANT se replient vers PROVINS.

C'est Napoléon qui se chargera de les y reconduire...

Le 15 février, l'Empereur couche à l'évêché de MEAUX.

Le 16 Février 1814, Napoléon quitte MEAUX ; non sans avoir écrit à l'lmpératrice (orthographe originale)

"Mon amie, je n'ai reçu de lettres de toi aujourd'hui, non plus les journaux. Je me rends prés de Brie Contre Aubert. senté est fort bonne. J'espère être quitte bientôt de tous nos ennemis, au moins à bien des marches de Paris.

Tout à toi. Ton f(idèle)

Nap.

Donne un baisé à mon, fils."

 cavaliers

GUIGNES le 16 FEVRIER 1814

Donc, le 16, au matin, Napoléon quitte MEAUX et se dirige sur GUIGNES, à travers la Brie, par le chemin de CRECY et de FONTENAY-TRESIGNY. Cette route est aussitôt couverte de charrettes sur lesquelles les habitants des villages voisins font doubler les étapes à nos soldats harassés.

En approchant de GUIGNES, le canon se fait entendre du côté vers lequel on marche, et excite les efforts des soldats pour arriver. L'artillerie courant le poste.

Le bruit du canon s’entend plus fortement. Depuis midi l'on se bat dans la plaine de GUIGNES. Les ducs de Bellune (Victor) et de Reggio (Oudinot), poussés toujours par l'ennemi, lui opposent la plus vive résistance en l’empêchant d'approcher et ainsi cherchant toujours à conserver, jusqu'au soir, le chemin de CHAUMES, par lequel Napoléon avait promis d'arriver. Mais lorsque les têtes de colonnes françaises conduites par l'Empereur se présentent au village de CHAUMES, elles y trouvent les tirailleurs de l'ennemi.


GUIGNES le 16 FEVRIER 1814

Donc, le 16, au matin, Napoléon quitte MEAUX et se dirige sur GUIGNES, à travers la Brie, par le chemin de CRECY et de FONTENAY-TRESIGNY. Cette route est aussitôt couverte de charrettes sur lesquelles les habitants des villages voisins font doubler les étapes à nos soldats harassés.

En approchant de GUIGNES, le canon se fait entendre du côté vers lequel on marche, et excite les efforts des soldats pour arriver. L'artillerie courant le poste.

Le bruit du canon s’entend plus fortement. Depuis midi l'on se bat dans la plaine de GUIGNES. Les ducs de Bellune (Victor) et de Reggio (Oudinot), poussés toujours par l'ennemi, lui opposent la plus vive résistance en l’empêchant d'approcher et ainsi cherchant toujours à conserver, jusqu'au soir, le chemin de CHAUMES, par lequel Napoléon avait promis d'arriver. Mais lorsque les têtes de colonnes françaises conduites par l'Empereur se présentent au village de CHAUMES, elles y trouvent les tirailleurs de l'ennemi.

Les bagages, pour parvenir plus sûrement jusqu'à GUIGNES, sont forcés de faire un détour, ou de descendre la petite rivière d'YERRES jusqu'au pont des Seigneurs; Une heure plus tard, la jonction des forces françaises eût été compromise.

L'arrivée de Napoléon rend à l'armée toute son énergie.

carte

TROUPES de L’EMPEREUR

Le 2ème Corps d'Armée, commandé par le Maréchal
Victor, duc de Bellune, qui marche en tête sur la route de GUIGNES à NANGIS, soutenu par les corps de cavalerie des généraux Kellerman et Milhaud, est composé de trois divisions d'Infanterie

A droite, Chateaux (sud de la RN19)

Au centre, Gérard (suivant la RN 19),

            A gauche, Duhesme (nord de la RN19).

Les ailes sont flanquées par de la
cavalerie;


A droite,
Kellermann (sud de la RN19), avec les brigades Lamothe, Colloaert, Ismet, Ornano ;

A gauche,
Milhaud (nord de la RN19) avec les brigades Subervie, Piré, Montéligier et Ludot.

L’artillerie commandée par
Drouot appuie de ses feux la marche des troupes. pour des facilités de déplacement, celle-ci va suivre le tracé de la RN19 actuelle


TROUPES DES « ALLIES 


De l’Infanterie d’avant garde composée d’éléments légers de Palhen sous les ordres de Wittgenstein éparpillés dans la plaine avec des éclaireurs à portée de GUIGNES et VERNEUIL….

Des escadrons de Cavalerie légère, en support, stationnés entre MORMANT et GUIGNES

Quelques batteries d’artillerie positionnées sur la cote 112 (Ferme de Mont) mais trop loin pour être efficaces et d’une aide quelconque !


FEVRIER 1814 : un hiver terrible : tout est gelé depuis des jours ! Les chemins sont défoncés et peu praticables : Les ARMEES des DEUX BORDS coupent donc au plus court ! Seuls les cours d’eau sont des obstacles difficilement évitables et gênent la progression, mais gelés, évitent la recherche de ponts ou de gués qui retarderaient encore plus les opérations



Les cartes sont des cartes IGN actuelles avec les relevés actuels ! Nombre de chemins, voir de routes sont modifiés voir ont disparus ; soit au fil du temps ; soit par le remembrement ou pour d’autres raisons particulières ! Une mention particulière pour le « RU d’ANCOEUR » : il coule toujours ; mais n’est plus signalé sur les cartes récentes car il a été « busé » dans les années 1970/1980,un thalweg permet, d’imaginer son cours


D’autre part du fait des drainages, nombre de pièces d’eau (mares, étangs, voir marécages) ont disparues ; le déboisement dû à l’agriculture intensive a modifié le profil des parties boisées. Lesquelles, devenues propriétés privées pour la plupart, sont clôturées par des barbelés rendant difficile, sinon impossible, la reconstitution sur le terrain du parcours de ce jour de 1814



Napoléon prévoit de livrer à GUIGNES la principale bataille de la campagne : il y masse 12 000 hommes de toutes armes et 4 000 cavaliers. L'ennemi, lui, occupe déjà VERNEUIL.
Napoléon
arrive à GUIGNES à temps pour dissiper les tirailleurs russes qui s'interposent déjà entre ce village et CHAUMES.



Dans cette première soirée, on se contente d'arrêter les Alliés devant
GUIGNES. Le Quartier Impérial passe la nuit dans ce village, toutes les troupes qui le suivent, défilent jusqu'au jour; et au même moment les Dragons du général Treilhard, tirés de l'Armée d'Espagne, se présentent par la route de PARIS; ce renfort de cavalerie ne pouvait arriver plus à propos.


Pendant la nuit, les courriers se multiplient pour porter
à PARIS des nouvelles rassurantes; ils entrent dans les faubourgs, escortés d'une foule de curieux que l'inquiétude a réunis à CHARENTON, autour des voitures du grand parc; car les gros équipages du duc de Bellune et du duc de Reggio avaient été poussés jusqu'à cette dernière position.


Napoléon
s'installe à l'auberge Sainte Barbe alors tenue par Jean Urbain Notaire. A peine est-il descendu de cheval qu'il convoque Victor, Oudinot et Macdonald. On entend des éclats de voix : 


                                                                                                                                                           hotel


"Est-ce que je ne suis plus le maître ? On se fout de moi ! On me trahit !"

Les maréchaux tentent de s'expliquer mais le temps presse, il faut agir et vite. Déjà le général Kellermann, le fils du vainqueur de Valmy et ses cavaliers pénètrent dans le village aux cris de « Vive l'Empereur ! » Maintenant, il y a 50 000 hommes autour de GUIGNES. Le village, les champs, les chemins de traverse se remplissent de mouvement. Les feux de bivouac illuminent les ténèbres. Un grand combat se prépare et, en pleine nuit, les troupes de Victor et d'Oudinot prennent leurs positions de combat.

Le rapport de force penche nettement en faveur de l’Empereur dans un rapport de 6 pour 1 ! L’affaire se présente sous les meilleurs auspices, mais rien n’est encore joué. Un grain de sable peut toujours gripper la plus fiable des machines !

Et pourtant ………


GUIGNES le 17 FEVRIER 1814 -08h00 – Au lever du jour :

Le jour venu, Napoléon monte au clocher de GUIGNES et du fourreau de son épée fait sauter quelques ardoises. Il plonge son regard dans la plaine et...ne voit rien ! Il se dirige alors vers l'ancienne auberge de l'Écu de France devenue l'habitation de l'ancien conventionnel Lecointre, mort en 1805, et grimpe dans le belvédère édifié par le régicide

Là, la vue est plus facile, l'accès plus aisé. On embrasse toute la plaine d'un seul coup d’œil.


(Pendant que l'Empereur redescend pour donner ses dernières directives, tordons le cou à deux bobards : ce jour là. Napoléon n'a jamais escaladé les clochers

de Yèbles et de Presles en Brie comme le prétendent les légendes locales. Un tantinet de jugeote aurait montré qu'il ne pouvait rien voir de ce qui se tramait vers Mormant !)

Il monte à cheval. La présence du « Père la Violette » à l'avant-garde déchaîne l'enthousiasme de l'armée. Tout le monde est certain de la victoire, de l'Empereur au dernier des tambours.

Le 17 au matin, toute l'armée quitte GUIGNES et se reporte en avant; par la vigueur du choc, les alliés apprennent que Napoléon est de retour, et tout cède à l'impulsion donnée par sa présence.

Aux abords du village de l'ETANG, des escarmouches ont lieu: des vedettes ennemies essuient des coups de feu des avant-gardes françaises. Mais c'est vers PECQUEUX que la fusillade devient plus sérieuse.

 pigeonnier

carte2

MORMANT le 17 FEVRIER 1814-vers 10h00 :


Il est nécessaire de resituer l’importance du bourg : à l’époque, la commune, regroupée autour de l’église, peut se définir comme « un village-rue ». c’est à dire une église et des maisons construites, de part et d’autre, le long d’un axe routier principal, ici l’actuelle RN19, avec des amorces vers des routes secondaires ( vers MELUN ou BREAU) ! Grossièrement (de nos jours) du carrefour RN 19/avenue de la Gare à l’entreprise des camions de  transport pour l’axe Nord –Sud et des excroissances en direction de MELUN. Tout le reste sera construit que beaucoup plus tard sur des parcelles agricoles ! Il va sans dire que les talus et autres ouvrages d’art concernant le tracé de la voie ferrée, ou des lignes EDF étaient du domaine du virtuel


Aux abords du village de l'ETANG, des escarmouches ont lieu: des vedettes ennemies essuient des coups de feu des avant-gardes françaises. Mais c'est vers PECQUEUX que la fusillade devient plus sérieuse.


carte des forces en présence lui fait apparaître la disproportion des protagonistes. Lucide il prend la décision d’un repli aussi prompt que stratégique ! Les ordres sont donnés et exécutés sans délais.. Palhen aussitôt essaie de se replier vers NANGIS en tentant, toutefois de résister autour de MORMANT.


L’artillerie russe, positionnée sur l’actuelle Ferme de Mont, s’apercevant qu’elle n’est pas de taille à faire changer la face de la bataille, décroche en premier et fait mouvement rapidement vers GRANDPUITS. L’Infanterie manœuvre en carrés successifs afin de se couvrir mutuellement et de se gêner le moins possible pendant les opérations de retrait. La Cavalerie formant l’arrière-garde protectrice doit retarder le contact avec les troupes Françaises


Napoléon fait doubler de vitesse aux colonnes d'attaque. Pendant que la cavalerie contourne MORMANT par ses flancs, passant notamment par AUBEPIERRE et OZOUER-le-REPOS (commune qui passe pour être le centre de l’Ile de France), le 2ème Corps l'attaque de front.

Au centre du dispositif français, le chef de Bataillon Gérard, l’épée à la main, mène la charge avec le 5ème Bataillon du 32ème de Ligne, lance l'assaut sur le village de MORMANT, y entre au pas de charge et enfonce une partie de l'ennemi à la baïonnette ; Il s'empare du dit bourg et capture deux bataillons ennemis. Pressé de toutes parts, l'ennemi se trouve déjà dans un grand embarras lorsque le général Drouot s'avance sur la crête de MORMANT avec trente-six pièces de la Garde, ouvre un feu terrible sur les masses d'infanterie russe, foudroie l'infanterie de Palhen, et détermine leur déroute. Les carrés russes ne peuvent résister plus longtemps, et se débandent.

Le feu brutal de l'artillerie française précipite la déroute des Russes ; et seule une partie de la cavalerie adverse se replie en bon ordre vers NANGIS

Les canons sont disposés sur l’actuel emplacement du magasin de bricolage, c’est à dire légèrement sous la ligne de crête du lieu-dit « La Justice »(Cote 112). En effet pour éviter d’être trop facilement repérable sur les sommets et d’offrir des cibles de choix aux tireurs ennemis, il est fortement conseillé de descendre légèrement pour ne plus se profiler sur le ciel et être ainsi protégé des vues.


D’autre part la portée efficace de l’artillerie impériale se limite à environ 800 m ; c’est pourquoi le point haut où sera construite «  la ferme de Mont ( cote 111) n’est pas utilisé par nos artilleurs : trop loin pour canonner utilement ! Le bourg de MORMANT est calé à la cote 105 à la Mairie.

photo L’infanterie Russe se replie en désordre et se reforme en deux carrés à la sortie Est du village, vers l’actuelle Ferme de l’Epine.

Sur l'aile droite, la cavalerie d'Ismet entreprend un mouvement tournant et tombe sur les arrières des Russes.

Venant de GUIGNES, les troupes profitent des 2 mottes de « La Justice » et de  « Mont » pour manœuvrer hors des vues directes de Palhen et Rüdiger. Elles utilisent le terrain plat alentour (AUBEPIERRE-OZOUER au nord ; ROUVRAY –LADY au sud) pour un déplacement peut-être légèrement plus long, mais plus rapide évitant de se fatiguer en parcourant le ,long, faux-plat des 2 mottes !

De son côté, Milhaud lance ses escadrons sur la gauche et culbute la cavalerie adverse commandée par Rüdiger. Les escadrons russes refluent en désordre sur le château de Bisseau. Des combats de retardement ont lieu autour de ce point de fixation. Ils permettent aux fantassins russes de se reconstituer en corps homogènes et cohérents afin de retraiter vers l’est.


Ce château a appartenu à la Duchesse de MONTPENSIER, surnommée « La Grande Mademoiselle » épouse du Duc de LAUZUN et accessoirement cousine du Roi Soleil, LOUIS XIV. Aujourd’hui propriété privée. Cette demeure est restée intacte depuis.


Dès la prise de
MORMANT, Napoléon établit provisoirement son quartier-général en bordure de l'actuelle nationale 19, dans un pavillon de garde du château de BISSEAUX ; D’où dit-on, l'Empereur a observé le déroulement de la bataille de cavalerie de LADY.


Il est encore possible de voir encore cette petite « maison », située à l'angle du mur d'enceinte, le long de l’actuelle Nationale 19.

(Pendant que l'Empereur s’installe dans cette mini pièce, tordons, à nouveau, le cou à un autre bobard : ce jour là. Napoléon n'a jamais dormi en ce lieu ; tout au plus un casse-croûte !! 08H00 GUIGNES – 10H00 MORMANT – 13H00 NANGIS – 15H00 VALJOUAN ! Encore une légende locale qui s’évapore!)

Le terrain environnant est très plat autour de Mormant, ce qui explique l'efficacité des Dragons ce jour là, eux qui revenaient d'Espagne, après des années de guérilla.
    cabane

LADY – vers 11h00

cartephoto soko

La cavalerie russe est massée entre BISSEAUX et LADY, vers l’actuelle ferme de TRIBOULEAU. En face, la cavalerie impériale... Les sabres et les casques brillent au soleil d'hiver. Tout d’un coup les trompettes sonnent. Les Dragons français chargent. Ce sont des vétérans d’Espagne, secs, tout en nerfs et en muscles. Ils galopent vers l’ennemi aux cris mille.fois répétés de « Vive l'Empereur !!! »

Les troupes de cavalerie de l’Empereur se composent en 2 fonctions principales : la Cavalerie Légère constituée essentiellement de régiments de Hussards et de Chasseurs et la Cavalerie Lourde qui comprend les Cuirassiers et les Dragons.

Chasseurs et Hussards sont des éléments rapides, évoluant vite, chargés plus particulièrement de la reconnaissance et des manœuvres où la vitesse devient la priorité. Leur monture se rapproche des chevaux « de course » sans pour autant être de pur-sang ! Ils sont équipés «  léger », sans chargement inutile avec un armement adapté.



cavaliersphoto soko Cuirassiers et Dragons jouent sur l’effet de masse. Les cavaliers sont sélectionnés pour leur stature imposante. Les chevaux choisis,semblent plus près des animaux de trait ou de labour mais toutefois moins placides et bien plus véloces ! Les hommes protégés par des plastrons métalliques et armés de sabres, lourds et longs, forment, individuellement, un ensemble d’environ 2,50m de haut et de plus d’une demie tonne de masse ! Le choc de 2 cavaliers lancés l’un contre l’autre à pleine vitesse, devient un spectacle inoubliable !
Les Dragons, régiments de percée, s’élancent sur l’ennemi au milieu d’un nuage de neige poudreuse soulevé par les milliers de pattes déchaînées. Le grondement du galop s’ajoute aux cris et clairons ! La vue et l’ouïe sont saturés par ce spectacle dantesque.

Les Russes prennent peur. Ils n’attendent pas le choc et tournent bride. 1 500 cosaques et réguliers fuient, poursuivis sabre au rein. Hors d'haleine. nos Dragons s'arrêtent à MAISON-ROUGEUne partie de la Cavalerie Russe parvint, seule, à s'échapper.

DE GRANDPUITS à NANGIS : de 12h00 à 13h00 :

Les dernières troupes russes résistent sur la grande route de NANGIS, à hauteur de GRAND PUY (orthographe d’époque)

De l'autre côté de la route, l'infanterie russe est refoulée vers GRANDPUITS. Elle doit faire.front de toutes parts.

Drouot et les 36 pièces de l'artillerie de la Garde les foudroient. Les survivants sont.sabrés par les Dragons

L’Infanterie se forme vainement en deux carrés; l'un, chargé par le général Milhaud, à la tète du 13ème, lequel pénètre par une face de ce carré ennemi, tandis que le général Kellermann. suivi du 6ème Dragon pénètre de l’autre côté. Nos cavaliers font jonction au beau milieu du dispositif ennemi qui met bas les armes.




  carte5


Le second carré russe tente de s'échapper vers le sud en direction de
FONTENAILLES en se jetant vers le marais d'ANCOEUR ; mais assailli en queue par le 4ème et le l0ème Dragons, en tête par le 6ème et le 13ème, il est enfoncé et contraint de se rendre.


Le feu, dévastateur, de l'artillerie française précipite la déroute des Russes ; seule une partie de la cavalerie adverse se replie en bon ordre vers NANGIS.




Les débris, sous un terrible orage, s'enfuient vers BAILLY-CARROIS où le général Hardegg et son infanterie sont entraînés par la déroute…..

La Brigade de Cavalerie de
Ludot, constituée du 13e' et 16ème Dragon, attaque sur l'arrière le corps russe, tandis que la Brigade Ismet, avec le 4eme et 10ème Dragon, l'attaque sur l'avant. Le corps de Palhen est anéanti.

                                                                                                                                                          carte6
Wittgenstein, en fuite, arrive à NOGENT-sur-SEINE, le premier de son armée!

A une heure de l'après-midi, Napoléon s'installe au hameau de la Barraque, (NANGIS) chez le juge de paix Salmon.

Les fuyards se sauvent sur PROVINS et VILLENEUVE-LES-BORDES. Nos troupes poursuivent l'ennemi dans toutes les directions.

Le maréchal Oudinot se porte vers PROVINS et bivouaque à MAISON-ROUGE.

MacDonald occupe MEIGNEUX, VILLENAUXE-la-PETITE ( ???VANVILLE serait plus cohérent mais….), MONTIGNY-LENCOUP ayant DONNEMARIE-en-MONTOIS pour objectif.

Le maréchal Victor a l'ordre formel de se porter sur MONTEREAU. Il s'y dirige avec la division Gérard et les Dragons de Lhéritier. Il doit passer par VILLENEUVE-les-BORDES et SALINS.

VALJOUAN vers 15H00 :

Le duc de Bellune, suivant la route de VILLENEUVE-LES-BORDES, se heurte, vers trois heures de l'après-midi, à la hauteur de VALJOUAN, à la Division Bavaroise Lamotte, qui, instruite de la défaite de l'avant-garde alliée, rétrograde vivement sur MONTEREAU.

Gérard lance contre l’ennemi, protégé à la fois par son artillerie et les bois de VALJOUAN à GURCY-le-CHATEL les escadrons de Bordessoule qui le culbutent tandis; de son côté, Gérard, avec un bataillon d'infanterie du 86ème de ligne, attaque VILLENEUVE-LES BORDES de front. Le général Gérard engage aussitôt l'action, avec le reste de sa division, profite d'un ravin boisé qui camoufle son mouvement, et se porte par sa gauche sur les derrières des Bavarois.

Les troupes ennemies qui défendent
VILLENEUVE sont donc débusquées par le 86eme de Ligne, et ensuite chargées et culbutées par les cuirassiers du général Bordesoulle.

Deux cents jeunes cavaliers du 8ème Cuirassiers dont
les officiers et les sous-officiers qui devaient encore, la semaine précédente, seller les chevaux, se jettent sur les Hussards de Joseph II et les Uhlans de Schwarzenberg furieusement, à coups de sabre, de pistolets et même de pierres, en tuent trois cents et ne font pas de prisonniers...

Le Général Bavarois ne voulant pas prolonger le combat, forme son infanterie en carré, et croit opérer en sûreté sa retraite sur DONNEMARIE. Mais à peine a-t-il marché quelques instants que le général Gérard les rattrape au hameau de la Haie-Jutard, et, débouchant du bois, attaque ses masses à la baïonnette, et les met dans le plus grand désordre.


La division de cavalerie du général Piré rattrape, encore, la cavalerie russe du défilé du bois de NANGIS, fait un grand nombre de prisonniers, et prend six bouches à feu.

photo soko

C'est la déroute: trois pièces de canon et mille soldats sont capturés et s’ajoutent au bilan !

L'ennemi se serait difficilement tiré de ce mauvais pas, si le duc de Bellune avait fait appuyer cet habile mouvement par la cavalerie; mais, considérant l'extrême fatigue des troupes, il ordonne au général Gérard d'arrêter sa poursuite, laissant ainsi se rallier les Bavarois, qu'un effort de plus allait probablement contraindre à mettre bas les armes. ( 1 )

photo soko


I1 donnait ainsi à l'ennemi le temps d'arriver avant les Français au pont de
MONTEREAU.
Ce combat victorieux, connu comme bataille de NANGIS, a considérablement retardé le plan initial imaginé par l'Empereur : s'emparer de MONTEREAU, détruire les 25 000 Autrichiens qui, chassés de FONTAINEBLEAU, battent en retraite.

Les Français remportent à
MORMANT une victoire, mais elle doit être complétée par celle que Napoléon s'apprête à remporter à MONTEREAU. Dans la bataille de MORMANT, les Bavarois et les Russes avaient perdu près de 5000 hommes tués, blessés et prisonniers.


Il est nécessaire de préciser quelques notions de déplacement pour évaluer l’intensité de la journée :

**La durée de clarté souhaitable pour utiliser une arme à feu : de 08h00 à 16h30 (17h00 au maximum) soit 8 à 9h au plus


**La distance parcourue, A PIEDS, en suivant les routes actuelles de GUIGNES à LA HAIE-JUTARD: environ 25 KM soit en réalité plutôt 35KM et tenant compte des divers détours dus aux manœuvres et au relief. Il faut savoir que pendant cette Campagne, un Fantassin pouvait parcourir, fréquemment, jusqu’à 90 Km par jour ( jour de 12 à 15 heures, ou plus selon besoin il est vrai)

**8 combats : PECQUEUX – MORMANT – GRANDPUITS – BAILLY-CARROIS – NANGIS – VALJOUAN – VILLENEUVE les BORDES – LA HAIE-JUTARD. Un bataillon entre 480 et 600 Hommes et un régiment à 3 bataillons de 1500 à 2000 hommes, Etat-Major compris !

**FUSIL : Portée pratique et efficace (voltigeur moyen): 50 à 150m (sensiblement inchangée de nos jours)

Calibre : environ 14mm (5,56 mm aujourd’hui). Cadence de tir : 1,5 à 2 coups par minute (200 à 300 coups/minute limités par les problèmes d’échauffement avec les armes automatiques)

**CANONS : Portée pratique et efficace: 800 à 1400m (jusqu’à + de 40KM pour nos équipements actuels)

Calibre de boulet: environ 100mm (obus de 155 mm aujourd’hui). Cadence de tir : 0,5 à 1 coup par minute (6 coups/minute limités par les problèmes de contre batterie pour l’Artillerie moderne)

A NOTER : Au contraire de l’obus qui explose en projetant des éclats mortels dans un large rayon, le boulet tue peu directement des soldats en rase campagne (masse inerte) mais blesse énormément en roulant au sol en fracturant les jambes (« jeu de quilles »), l’infection se chargeant du reste et mobilisant beaucoup de personnel pour s’occuper des blessés.


hotel plaque
champ Que reste-t-il de ces combats de nos jours ? Une plaque, déplacée, à l'auberge Sainte-Barbe à GUIGNES, c'est à peu près tout.

On ne trouve rien dans les champs où se déroulèrent les combats, d’après les cultivateurs qui exploitent ces terres. Les corps des soldats des deux camps tombés ce jour là ont été inhumés sur place. Il semble que l'on a trouvé, il y a quelques années, plusieurs squelettes à GRANDPUITS lors de travaux. Aux dires du secrétariat de la mairie de MORMANT (1980), il n'y a rien dans les archives de l'état civil concernant la bataille.


En revanche, deux actes de décès du registre de l'ancienne commune de LADY (archives de Mormant) sont fort explicites

17 février 1814

... Un militaire du 4ème` Dragon qui avait eu la jambe cassée à la bataille du dit-jour qui s'est donné dans la plaine de LADY, à BISSEAUX. Ce militaire n'avait aucun papier.

... Un militaire du 14ème Dragon qui avait eu l'épaule cassée à la bataille dit dit-jour qui s'est donné dans la plaine de LADY, à BISSEAUX. Ce militaire n'avait aucun papier.

Ces actes sont instructifs dans le sens où ils situent exactement
l'emplacement de la bataille de Mormant.

On trouve, d'ailleurs, dans les registres de l'état civil de BRIE-COMTE-ROBERT (dont, le 19 février, celui de Michel Nicolas Caumont, brigadier du 4ème Dragon, vraisemblablement blessé à NANGIS où son régiment s'illustra et qui porte toujours l'inscription
NANGIS 1814 sur son étendard, décédé chez le vigneron Etienne Merlin et deux Dragons inconnus du 4ème et du 14ème Dragon, décédés chez le logeur Nivois, Place Royale), de GUIGNES et de NANGIS, quelques déclarations de décès. Il s'agit de militaires décédés des suites de leurs blessures dans des ambulances ou chez les habitants, ceux tués au combat ne figurent pas dans les registres.


POUR EN SAVOIR PLUS :


    monument1                                                      monument2
    monument3 Vous pouvez, peut-être - consulter, à votre tour, les registres de 1814 des autres communes environnantes: Valjouan et Villeneuve-les-Bordes, Meigneux, Gurcy, Donnemarie-Dontilly, Montigny-Lencoup, etc. Vous devriez y trouver de quoi compléter cette évocation.

La bataille de MORMANT n'est pas une bataille d'importance dans l'histoire napoléonienne et dans la campagne de France. Mais dans le contexte d'alors, il ne faut pas perdre de vue l'efficacité des commandants sur place ce jour là et le courage des troupes françaises présentes sur le terrain.

Mais la bataille de
VALJOUAN, elle, est une bataille d'importance stratégique dans l'histoire napoléonienne et dans la campagne de France ; car dans les troupes de SCHWARZENBERG, mises en déroute à cet endroit, se trouvait le fils du Tsar ALEXANDRE ! Si l’offensive eut continué, il est probable que le désastre se serait confirmé pour les RUSSES. Alors 2 cas de figures se dessinent : le fils du Tsar ALEXANDRE  est soit tué, soit fait prisonnier ! Quelles auraient été les réactions des protagonistes ? Il est certain que le cours de l’histoire eut suivi un chemin différent ! Mais avec des si….

Il ne reste de cet engagement qu’une « poivrière » (colonne triangulaire) érigée en 1888, par le
Comte d’HAUSSONVILLE, près du carrefour  de la D.201 NANGIS-MONTEREAU et la D.213 VILLENEUVE les BORDES-DONNEMARIE! .

Enfin, à MORMANT le Samedi 27 MARS 1999, le Maire de MOSCOU, Youri LOUJKOV, assisté du maire de MORMANT, André HUGUET et en présence de nombreuses Hautes Autorités de 2 Nations, inaugure un Monument aux Morts Russes ; érigé selon son vœu ! Cette colonne, due au sculpteur Russe Nicolay GORINICHEV, fut conçue, financée et réalisée en RUSSIE ! Démonté et transporté en pièces détachées jusqu’à son emplacement actuel ; il a été réassemblé par une équipe mixte d’ouvriers Russes et du Personnel technique Municipal de la commune !

colonne carte ancienne

FIN

Remerciements : Fond de cartes : 1/100 000 et 1/25 000 IGN France

Photos : M. SOKOLOWSKY

Impression : RPC –77. Sainte Colombe

(1)--.Selon un certain nombre d’historiens locaux, sérieux et biens informés, la fatigue fait partie de l’histoire officielle. En réalité, semble-t-il, que la réalité historique soit beaucoup plus crue et terre à terre. Victor, poursuivant sur Montereau, rassemble son état-major à Montigny-Lencoup (petit village, sur une éminence, à 10 Km de son objectif) afin de décider de la manœuvre suivante. Par commodité la réunion se tient dans l’auberge du village. Or dans ce lieu officie une accorte personne, laquelle monopolise l’attention et les intentions de Victor.

D’après les dits historiens, la soirée comporta peu de temps aux combats, sinon ceux de l’amour. Toujours est-il que la progression « victorienne » s’arrête en ce lieu ; et, le lendemain, Napoléon limoge Victor avec brutalité !! En effet, 10 Km, soient 2 heures de marche (tenant compte de la fatigue, réelle, et du terrain accidenté du vallon de Salins) ou 1heure de cheval séparent MONTIGNY des ponts de MONTEREAU.

Ce que Victor voyait en arrivant à MONTIGNY-LENCOUP depuis la route : Le village à 150m à gauche,

MONTEREAU à droite (incendie réel, en ville, près du confluent Yonne/Seine).

(La vue est prise du lieu-dit « le moulin à vent », point culminant du village où devait se trouver l’édifice du même nom).

A ce moment crucial, une option tactique entre audace, malgré la fatigue, et poursuite de l’action ou prudence et récupération des forces avant la bataille ?

V ictor préfère la prudence ! Pas de chance; mauvais choix selon……l’Empereur !!!!.. Et NAPOLEON affectionne particulièrement le général favorisé par la chance ….

Ainsi se vérifie l’adage « heureux en amour ; malheureux au jeu »

La prise et la tenue du pont de Montereau ne présentent pas de difficulté, l’ennemi est en déroute et ne dispose pas de temps pour opposer une résistance violente. Le nez de Cléopâtre a changé, la face du monde, les appâts de l’aubergiste ont bouleversé les plans de l’Empereur ! Si l’anecdote est vérifiée…  

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jean-louis SMIRR © 02-2008