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La bataille de Mormant
 
Victoire des Français du Maréchal Victor sur les Russes et les Bavarois
 
 …Cependant l’armée de Schwarzenberg, après avoir forcé les ponts de Nogent, de Bray et de Montereau, s’avançait sur Nangis. Les Bavarois du général de Wrède, et les Russes du général Wittgenstein formaient l’avant-garde ennemie qui entrait dans la Brie; de l’autre côté de la Seine, Sens, malgré la belle résistance du général Alix, avait été enlevé par le Prince de Wurtemberg.
Le corps autrichien de Bianchi marchait sur Fontainebleau, et les cosaques de Platof répandaient la désolation entre l’Yonne et la Loire.
 

Le 16, au matin, Napoléon quitta Meaux et se dirigea sur Guignes, à travers la Brie, par le chemin de Crécy et de Fontenay. Cette route fut aussitôt couverte de charrettes sur lesquelles les habitants des villages voisins firent doubler les étapes à nos soldats harassés.

Le bruit du canon se faisait entendre du côté vers lequel on marchait, et excitait les efforts des soldats pour arriver. L’artillerie courait le poste.

Depuis midi l’on se battait dans la plaine de Guignes. Les ducs de Bellune et de Reggio, poussés toujours par l’ennemi, lui opposaient la plus vive résistance, cherchant à conserver jusqu’au soir le chemin de Chaulnes, par lequel Napoléon avait promis d’arriver; mais lorsque les têtes de colonnes conduites par l’empereur se présentèrent à Chaulnes, elle y trouvèrent les tirailleurs de l’ennemi.

Les bagages, pour parvenir plus sûrement jusqu’à Guignes, furent forcés de faire un détour, ou de descendre la petite rivière d’Yèrres jusqu’au pont des Seigneurs; une heure plus tard, la jonction des forces françaises eût été compromise...
                                                                                                                                                                                  
L’arrivée de Napoléon rendit à l’armée toute son énergie.

Le quartier impérial passe la nuit dans ce village, toutes les troupes qui le suivaient défilèrent jusqu’au jour; et au même moment les dragons du général Treilhard, tirés de l’armée d’Espagne, se présentèrent par la route de Paris; ce renfort de cavalerie ne pouvait arriver plus à propos.

Pendant la nuit, les courriers se multiplièrent pour porter à Paris des nouvelles rassurantes; ils entrèrent dans les faubourgs, escortés d’une foule de curieux que l’inquiétude avait réunis à Charenton, autour des voitures du grand parc; car les gros équipages du Duc de Bellune et du Duc de Reggio avaient été poussés jusqu’à cette dernière position.

Le 17 au matin, toute l’armée quitta Guignes et se reporta en avant; par la vigueur du choc, les Alliés apprirent que Napoléon était de retour, et tout céda à l’impulsion donnée par sa présence.

Le 2 ème corps, commandé par le maréchal Victor, Duc de Bellune, qui marchait en tête sur la route de Guignes à Nangis, soutenu par les corps de cavalerie des généraux Kellermann et Milhaud, rencontra, en avant de Mormant, un corps russe de 8000 hommes, qui se replia aussitôt.

Napoléon fit doubler de vitesse aux colonnes d’attaque. Pendant que la cavalerie contournait Mormant par ses flancs, le 2 ème corps l’attaquait de front.

... Le chef de bataillon Gérard, avec le 5ème  bataillon du 32ème de ligne, y entra au pas de charge et enfonça une partie de l'ennemi à la baïonnette. Pressé de toutes parts, l'ennemi était déjà dans un grand embarras lorsque le général Drouot s'avança avec trente six pièces de la Garde, ouvrit un feu terriible sur les masses d'infanterie russe, et détermina leur déroute...

... Une partie de la cavalerie parvint seule à s’échapper; l’infanterie se forma vainement en deux carrés; l’un, chargé par les généraux Kellerman et Milhaud, mit bas les armes; le second essaya de se sauver en se jetant vers le marais d’Ancoeur; mais assailli en queue par le 4ème et le 10ème dragons, en tête par le 6ème et le 13ème il fut enfoncé et contraint de se rendre.

Les fuyards se sauvèrent sur Provins et Villeneuve-le-comte, et furent poursuivis dans toutes les directions. La division de cavalerie du général Piré atteignit encore la cavalerie russe du défilé du bois de Nangis, fit un grand nombre de prisonniers, et prit six bouches à feu.

Le Duc de Bellune, suivant la route de Villeneuve-le-Comte, rencontra, vers trois heures de l’après-midi, à la hauteur de Valjouan, la division bavaroise Lamotte, qui, instruite de la défaite de l’avant-garde alliée, rétrogradait sur Montereau.

Le général Gérard engagea aussitôt l’action. Pendant qu’un bataillon du 86ème de ligne attaquait de front l’ennemi occupant Villeneuve, ce général, avec le reste de sa division, profita d’un ravin boisé qui dérobait son mouvement, et se porta par sa gauche sur les derrières des bavarois.

Les troupes ennemies qui défendaient Villeneuve furent débusquées par le 86ème de ligne, et ensuite chargés et culbutées par les cuirassiers du général Bordesoulle.

Le général bavarois ne voulant pas prolonger le combat, forma son infanterie en carré, et crut opérer en sûreté sa retraite sur Donnemarie; mais à peine avait-il marché quelques instants que le général Gérard déboucha du bois, attaqua ses masses à la baïonnette, et les mit dans le plus grand désordre...


L’ennemi se fut difficilement tiré de ce mauvais pas, si le Duc de Bellune eut fait appuyer cet habile mouvement par la cavalerie; mais, considérant l’extrême fatigue des troupes, il ordonna au général Gérard d’arrêter sa poursuite, laissant ainsi se rallier les Bavarois, qu’un effort de plus allait probablement contraindre à mettre bas les armes.

Il ordonna ainsi à l’ennemi le temps d’arriver avant les Français au pont de Montereau.

Les Français remportaient à Mormant une victoire, mais elle devait être complétée par celle que Napoléon s’apprêtait à remporter à Montereau. Dans la bataille de Mormant, les Bavarois et les Russes avaient perdu près de 5000 hommes tués, blessés et prisonniers …

Plus précisément, aux abords de Mormant et dans Mormant

Au centre les divisions Dufour et Hamelingue sous les ordres du général Gérard, réserve de Paris.

Sur les ailes, les divisions Duhesmes et Châtaux, du 2ème corps de cavalerie Kellermann, ses divisions en échelons, à gauche, la cavalerie du 3ème corps commandée par le Général Milhaud, à droite les escadrons venus d’Espagne, les dragons sous les ordres des généraux Treilhard et l’Héritier.

A la même heure, le 7ème corps d’Oudinot se disposait derrière le 2ème, prêt à l’appuyer ; la division Boyer sur deux lignes, les brigades l’une derrière l’autre, au nord de la grande route, à hauteur de l’Etang, la division Rottembourg à 200 mètres en arrière, séparée d’elle par un bouquet de bois, le parc du château de Vernouillet.

A la droite de cette infanterie, la division de cavalerie Bordesoulle, jeunes recrues de 15 jours, certains se maintiennent péniblement sur leurs chevaux.

... L’artillerie du 2ème corps, enforcée de pièces de la Garde, s’établit en colonne sur la route, à l’entrée de Guignes.

Devant la concentration de ces forces imposantes, massées dans la plaine, appuyées à la ferme du Mont à sa gauche, son aile droite vers Aubépierre, l’unité ennemie, commandée par le Général russe Palhen, s’est déployée…
Il s’agit d’une forte avant garde du corps russe de Wittgenstein : 2500 hommes d’infanterie et 1800 chevaux…

Les paysans, venus des villages de l’Etang et de Pescqueux qui, poussant une brouette, qui menant son bourriquet, s’empressent de relever les blessés dès que le combat s’est déplacé au loin. Certains meurent des coups reçus.

Ainsi, le Sieur Compagnon recueille dans sa maison de l’Etang un soldat du 12ème régiment d’infanterie légère. Il meurt le 19 février à 6 heures du matin.
D’autres blessés sont acheminés vers l’ambulance installée dans l’église de Guignes.

Les troupes russes se replient en bon ordre. A ce moment, le général Gérard, plein de fougue, l’épée à la main, se porte en avant à la tête du 5ème bataillon du 32ème régiment de la ligne. Les fantassins, baïonnette au canon, traversent Mormant et sèment la confusion parmi les troupes ennemies refoulées dans la grande rue.
Ces forces tentent de résister à la sortie du village, attendant d’être secourues par leurs alliés bavarois restés à Nangis.

Le Général Ismet dépasse à ce moment Mormant, traversant la route qui mène vers Champeaux et Melun. Il aperçoit ces fantassins encore désorganisés.

Profitant de la surprise, le général enlève le 4ème régiment de dragons, charge la troupe ennemie, l’enfonce et l’oblige à mettre bas les armes, entre Lady et la ferme de Bisseau...

... Des cavaliers sont tombés sous le feu de l’adversaire ; à 10 heures du matin, un dragon du 4ème vient mourir chez Monsieur Kreiser à Lady. Il a reçu un coup de feu qui lui a brisé la jambe droite.

L’Empereur et son état-major se portent à Mormant pour prendre la direction du combat. Sur la grande route, l'infanterie du Comte Palhen se retire, encadrant son artillerie. Une forte cavalerie assure leur protection et de nombreux tirailleurs sont répandus dans la plaine. Mais la queue de la colonne, prise de panique à la vue de la charge opérée par les dragons du général Ismet, est mise à mal dans le petit bois de Bisseau…

Dans l’église de Mormant, on installe rapidement un poste de secours.

Les habitants s’occupent activement des blessés : Louis Massiau, soldat du 141ème de ligne, originaire de St Hilaire en Vendée, est soigné chez le sieur Rousseau. 30 pièces d’artillerie servies par des vétérans de la Garde sont déployées au haut de cette crête où la route de Mormant domine le village de Grand Puits. Elles crachent à mitraille sur les carrés russes. Ceux-ci ploient sous le choc.

A droite, à gauche, aux ailes du combat, les cavaliers de Kellermann et de Milhaud parachèvent l’œuvre des canonniers.

Sous la poussée de la brigade Ludot, la tête de colonne russe est rejetée au sud de la grande route…Les fantassins essaient, par les marais d’Ancoeur, de gagner Fontenailles et les bois. En tête de la charge des dragons, les sapeurs, colosses barbus au chef surmonté d’un haut bonnet à poil.

...L’Empereur suit, une demie lieue en arrière. Rapidement il déjeune près du château de Bisseau. Il est tenu au courant des événements.


(source Monsieur Jean Rousseau – Brie-Comte-Robert)-

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