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La Campagne de France  (source: Napoléon - Le conquérant prophétique)
Pour la première fois depuis les débuts de l'Empire, la guerre se déroule sur le sol français.
Pourtant l'Empereur va encore remporter des victoires légendaires.
Dès qu'il rejoint l'armée et ses maréchaux en janvier 1814, il est nullement abattu et ne songe qu'à battre l'ennemi...

      
        campagne de france  
... Victorieux à Leipzig en septembre 1813, les Alliés étaient désunis sur la conduite à tenir envers la France.
Les Prussiens voulaient déposer Napoléon en marchant jusqu'à Paris.
Le Tsar Alexandre 1er ne voulait pas être trop dur avec son ennemi mais ne s'opposait pas à la destitution de Napoléon.
Les Anglais craignaient le peuple français si on touchait à son empereur. Les Autrichiens souhaitaient l'avènement de Napoléon II sous la régence de Marie-Louise.
Des propositions de paix furent envoyées à Napoléon de Francfort mais l'Empereur ne pouvait se résoudre à abandonner ses conquêtes. Il ne donna son accord que quand la situation militaire avait évolué à son désavantage.
A la fin décembre 1813, les troupes alliées passèrent le Rhin. Napoléon avait laissé les frontières à la garde des maréchaux Victor, Marmont et Macdonald qui ne voulaient que conclure une paix qui leur permettrait d'en finir avec ces incessants conflits.
Wellington avait passé les Pyrénées et avançait dans le Sud.
La Hollande s'était soulevée contre l'occupant français et l'Italie passait sous le contrôle des Alliés, secondés par Murat qui voulait sauver son trône de Naples.

Napoléon s'obstinait dans la guerre, convaincu qu'il ne pourrait obtenir de paix satisfaisante qu'une fois victorieux. A ses ministres et maréchaux, il répondait : "Il est facile de parler de paix, mais il n'est pas facile de la conclure. L'Europe ne la veut pas franchement. Vous croyez que c'est en nous humiliant devant elle que nous la désarmerons ? Vous vous trompez. Plus vous serez accommodants, plus elle sera exigeante. Elle vous proposera bientôt les frontières de 1790. Il faut combattre encore une fois, combattre en désespérés. Si nous sommes vainqueurs, nous devrons nous hâter de conclure la paix. Soyez-en sûrs, je m'y prêterai avec empressement..."

La  Campagne de France fut, effectivement désespérée. Tandis que Paris complotait sa chute, encouragée par Talleyrand et les milieux royalistes, Napoléon devait affronter un ennemi bien supérieur en nombre et en matériel. Tout son génie et toute la vaillance de ses "Marie-Louise" ne pouvaient retourner la situation.Les alliés avaient attaqué durant l'hiver alors que l'Empereur ne les attendait qu'au printemps. Le 24 janvier 1814, Napoléon partait rejoindre son armée et faisait ses adieux à sa femme et au petit Roi de Rome. Il ne les reverrait jamais.

L'arrivée de l'Empereur raffermit le moral des troupes et de leurs généraux. A un contre cinq, Napoléon battit les prussiens de Blücher à Brienne le château. La défecion de Murat entama son moral. Tous ses vieux compagnons, ses complices dans la prise et la conservation du pouvoir le trahissaient. Comment faire la guerre avec une armée dont les chefs exigeaient de négocier avec l'ennemi ? ... Caulaincourt, ministre des relations extérieures, rencontra les plénipotentiaires adverses à Chatillon sur Seine mais ce congrès dépendait trop de la fortune des armes pour aboutir à un accord : chacun durcissait ou assouplissait ses exigences en fonction de ses victoires ou défaites militaires...


La Campagne de France localement  (source: Jean Rousseau)
     

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...Cependant l'armée de Schwarzenberg, après avoir forcé ent sur Seine, de Bray sur Seine et de Montereau, s'avançe sur Nangis. Les bavarois du général de Wrede, et les russes du général Wittgenstein forment l'avant-garde ennemie qui entre dans la Brie. De l'autre côté de la Seine, Sens, malgré la belle résistance du général Alix, a été enlevée par le prince de Wurtemberg...

...Le 16 février 1814 au matin, Napoléon quitte Meaux et se dirige sur Guignes, à travers la Brie, par le chemin de Crécy et de Fontenay-Trésigny...

Depuis midi l'on se bat dans la plaine de Guignes. Les ducs de Bellune et de Reggio, toujours poussés par l'ennemi, lui oppose  la plus vive résistance, cherchant à conserver jusqu'au soir  le chemin de Chaulnes, par lequel Napoléon a promis d'arriver ; mais lorsque les têtes de colonnes conduites par l'Empereur s'y présentent, elles trouvent les tirailleurs de l'ennemi.

Les bagages, pour parvenir plus sûrement jusqu'à Guignes, sont forcés de faire un détour ou de descendre la rivière l'Yerres jusqu'au pont des seigneurs ; une heure plus tard, la jonction des forces françaies eût été compromise.

L'arrivée de Napoléon rend à l'armée toute son énergie. Le quartier impérial passe la nuit à Guignes ( à l'auberge située à l'intersection de la RN 19 et de la RD 402 ). Toutes les troupes qui le suivent défilent jusqu'au jour ; et au même moment les dragons du général Treilbard, tirés de l'armée d'Espagne, se présentent par la route de Paris ; ce renfort de cavalerie ne peut arriver plus à propos...

       ... Le 17 février 1814 au matin, toute l'armée quitte Guignes et se reporte en avant ; par la vigueur du choc, les alliés apprennent que Napoléon est de retour, et tout céde à l'impulsion donnée par sa présence. Le 2è corps, commandé par le maréchal Victor, duc de Bellune, qui marche en tête sur la route de Guignes à Nangis, soutenu par les corps de cavalerie des généraux Kellerman et Milhaud, rencontre, en avant de Mormant , un corps russe de 8000 hommes qui se replie aussitôt.
    
Napoléon fait doubler  de vitesse aux colonnes d'attaque . Pendant que la cavalerie  contourne Mormant  par ses flancs, le 2è corps l'attaque de front. Le chef de bataillonGérard, avec le 5è bataillon du 32è de ligne , y entre au pas de charge et enfonçe une partie  de l'ennemi à la baîonnette. Pressé de toutes parts, l'ennemi est dans un grand embarras lorsque le général Drouot  s'avance  avec trente-six pièces de la Garde, ouvre un feu terrible sur les masses d'infanterie russe et détermine leur   déroute.
     Une partie de la cavalerie parvient seule à s'échapper; l'infanterie se forme vainement  en deux carrés ; l'un, chargé par les généraux Kellerman, met bas les armes ; le second essaie de se sauver  en se jetant   vers le marais d'Ancoeur; mais assailli en queue par les 4è et 10è dragons, en tête par le 6è et le 13è il est enfoncé et contraint de se rendre. Les fuyards se sauvent sur Provins et Villeneuve-le-Comte, et sont poursuivis dans toutes les directions.
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